Test: Impression 3D grâce à l’imprimante Reprap BCN3D+

Imprimante 3D BCN3D+

888€
Imprimante 3D BCN3D+
87.5

Qualité

10/10

    Fonctions

    10/10

      Utilisation

      8/10

        Prix

        8/10

          Pour

          • possibilité de réaliser de grandes pièces
          • possibilité d'utiliser différentes matières
          • opensource
          • évolutive
          • dispose d'une grande communauté

          Contre

          • assemblage qui peut en effrayer certains

          Après le drone, mon deuxième choix sur la liste du père Noel était une imprimante 3D. On dirait bien que j’ai été très sage cette année, puisque mon voeu a été exaucé grâce à la société Kit Reprap, qui a proposé de m’envoyer son modèle d’imprimante en tests. Et pour un premier pas dans le monde de l’impression 3D, je dois dire que j’ai attaqué fort, avec un modèle déjà très “lourd”: la BCN3D+ qui nous vient tout droit d’Espagne.

          Il existe en impression 3D différentes technologies plus ou moins chères, plus ou moins de bonne qualité. La BCN3D+ utilise la technique la plus couramment utilisée aujourd’hui: le modelage par dépot de filament, souvent appelée FDM ou encore FFF. La technique ne date pas d’hier, puisqu’elle a été inventée en 1988, quand Scott Crump a décidé d’utiliser un pistolet à colle chaude pour fabriquer un jouet à sa fille. L’année d’après il décidait d’industrialiser ce procédé. Aujourd’hui, nous avons donc des machines qui chauffent un filament thermoplastique et qui déposent des couches successives de matière pour créer des formes en relief ! Depuis 2009 cette technologie a grossi de facon exponentielle, et il existe aujourd’hui une multitude d’imprimantes. Mais toutes ne se valent pas. Alors pourquoi la BCN3D+ ?

          Cette imprimante a en fait une particularité que j’aime beaucoup: il s’agit d’une imprimante de la famille des RepRap. Quésako ? En fait, les RepRap ont été les premières imprimantes open source, permettant ainsi de démocratiser cette technologie. Utilisant des logiciels libres, et les plans de construction étant mis à disposition du plus grand nombre, le projet Reprap avait pour but de permettre à n’importe qui d’un peu bricoleur de fabriquer sa propre imprimante. Beaucoup de sociétés sont issues d’ailleurs de ce projet, venant améliorer et packager le tout, comme par exemple la célèbre société américaine Makerbot. Mais les imprimantes Reprap ont un autre atout: elles sont capables de s’auto répliquer, un peu à la facon des replicateurs de Stargate ;-) Enfin, pas tout à fait, puisque seules les parties plastiques pourront être imprimées, il reste ensuite pas mal d’électronique à ajouter pour faire fonctionner tout cela.

          Mais le côté intéressant de la chose est que du coup, si jamais une pièce venait à casser sur l’imprimante, il est possible d’en imprimer une de rechange soi même (enfin, vaut mieux s’imprimer des pièces de rechange avant, car ce sera difficile une fois cassée…).

          Le remplacement de la pièce ne posera pas de soucis particulier, puisque de toute facon, le modèle que je vais vous présenter aujourd’hui est livré en kit: oui, vous avez bien lu, on vous envoie toutes les pièces nécessaires, avec un guide très bien expliqué, toutefois, et c’est à vous de l’assembler.

          Découvrons donc cette imprimante plus en détails…

          bcn3d-img_3864

          I. Déballage et montage

          Cette imprimante étant donc livrée en kit, j’ai recu un carton plutot lourd (14kg !) contenant tous ces petits cartons:

          BCN3D_1Chaque carton est étiqueté avec un numéro et une liste des pièces qu’il contient. Cette étiquette est très importante, puisque le numéro du carton sera indiqué dans le guide de montage pour vous indiquer quelles pièces prendre.

          BCN3D_2Tout le nécessaire est fourni, jusqu’aux outils. Vous n’aurez pas besoin de rien d’autre:

          BCN3D_3Les sachets à  l’intérieur des cartons sont eux aussi étiquetés, que ce soit des pièces comme ici, ou la visserie:

          BCN3D_4Comme je le disais en introduction, les pièces bleues, fournies ici, ont été imprimées par le même type d’imprimante.

          Je ne vais pas détailler ici tout le montage, ce sera beaucoup trop long, et inutile, puisque le guide fourni explique déjà très bien toutes les étapes. Vous pouvez d’ailleurs le consulter ici.

          Sachez simplement qu’il faudra entre 10 et 15 heures de montage. Je vous conseille de suivre chaque étape minutieusement, la moindre vis dessinée est importante. Un oubli au début du montage pourra grandement vous compliquer la vis au moment d’assembler les dernières pièces.

          Bref, bien suivre le guide, et le faire tranquillement. Personnellement j’y ai passé quelques soirées, et quand je sentais la fatigue arriver, je préférai arrêter sous peine de devoir corriger mes erreurs la fois d’après :/

          Il faut également se prévoir de la place, l’imprimante étant tout de même un peu volumineuse, la base occupant environ 50cm de côté.

          Le guide de montage est divisé en 7 étapes. Au début de chaque étape, il nous est indiqué le carton et les pièces à utiliser:

          BCN3D_5Il n’y a plus ensuite qu’à suivre le guide.

          BCN3D_6A la fin de la première étape, l’imprimante commence déjà à ressembler à quelque chose, avec sa structure assemblée :D

          BCN3D_7

          BCN3D_8Ensuite, on commence à placer les moteurs qui vont actionner toute cette machinerie:

          BCN3D_3Et certaines petites cartes électroniques, comme ici cette carte qui sera à mettre à chaque fin de course sur les axes X, Y, et Z (on parle d’imprimante 3D, je vous rappelle ;-)

          BCN3D_1

          BCN3D_2La carte une fois en place:

          BCN3D_25Et une autre…

          BCN3D_26Bien sûr, il faudra une alimentation pour faire fonctionner tout cela.

          BCN3D_13

          Et pas des moindres, puisqu’il s’agit d’une alimentation 12V capable de fournir 30A ! Il faudra en effet alimenter l’électronique,  les moteurs, mais également la tête d’impression, appelée extruder, qui chauffe à plus de 220°C…

          BCN3D_12

          L’alimentation une fois en place, avec un cache en plastique qui orientera la sortie d’air du ventilo où il faut…

          BCN3D_27Tant que nous en sommes à l’électronique, gros plan sur quelques parties importantes:

          BCN3D_9

          Nous avons en effet un écran LCD, qui intègre un lecteur de carte SD, et qui servira à piloter l’imprimante. Et à côté ? Les connaisseurs reconnaitront la célèbre carte Arduino Mega, qui sera le coeur du système. C’est en effet elle qui pilotera l’imprimante. Enfin, pas toute seule, puisqu’une carte fille est également présente pour accueillir toute la connectique des moteurs et des capteurs:

          BCN3D_11

          BCN3D_10

          BCN3D_15

          La carte fille montée sur l’Arduino Mega

          A cette étape, nous mettons en place l’écran. Excepté la facade avant, en métal, toutes les autres parties ont été imprimées en plastique, jusqu’au bouton de controle !

          BCN3D_20

          On peut ensuite monter le plateau chauffant, et la tête d’impression, qu’on appellera plutot extruder, le terme d’impression étant un peu faussé pour cette technologie:

          BCN3D_22L’extruder est sans doute l’une des parties les plus techniques. Pas qu’elle soit compliquée à monter, mais cette partie, à elle seule, va:

          • tirer le fil dont elle a besoin
          • le chauffer pour le faire fondre
          • le déposer aux endroits indiqués par le modèle 3D
          • le refroidir pour une adhérence rapide

          BCN3D_21Encore une étape de passée, on approche du but…

          BCN3D_19Il n’y  plus qu’à s’attaquer au cablage de tout cela. Pas la partie la plus facile, car un mauvais cablage, forcément, peut conduire à un mauvais fonctionnement de l’imprimante. Heureusement, le guide est là encore très bien fait:

          wires1Chaque étape explique le fil à utiliser, puis le chemin qu’il doit emprunter sur l’imprimante:

          wires2Puis un gros plan est fait sur sa connexion à chaque bout, histoire de ne pas se tromper de sens:

          wires3 Le plus gros du travail va se passer sous l’imprimante, qui accueille l’électronique, la carte Arduino, et l’alimentation:

          BCN3D_17On commence donc par coller les passes cables aux endroits indiqués par le manuel:

          BCN3D_28

          On passe les cables nécessaires dans les gaines, notamment ceux qui courent jusqu’à l’extrudeur:

          BCN3D_30Puis on raccorde cela minutieusement sur la carte mère:

          BCN3D_29

          BCN3D_34

          En étant méticuleux, on s’y retrouve assez facilement malgré le nombre de cables:

          BCN3D_33

          BCN3D_32

          Ca peut paraitre compliqué comme ca, mais en suivant le manuel on y arrive assez facilement ;-)

          BCN3D_31

          Tout ca sera caché ensuite par deux panneaux à visser sur le dessous de l’imprimante, pour avoir quelque chose de propre.

          BCN3D_102Et voilà le résultat:

          BCN3D_41Plus qu’à mettre en place la matière première, une bobine de PLA d’un kilo, fournie avec le kit:

          BCN3D_43C’est ici un fil de 3mm (d’autres imprimantes utilisent du 1,75mm, ce sont les deux formats les plus courants). Le PLA est le consommable le plus couramment utilisé pour les imprimantes personnelles de ce type. Ecologique car d’origine végétale (amidon de maïs, racine de manioc et betterave) il est biodégradable, non toxique et sa fusion est quasi inodore.

          BCN3D_42La bobine vient se positionner sur le dessus de l’imprimante, grâce aux supports installés préalablement:

          BCN3D_44Il n’y a plus qu’à allumer et croiser les doigts pour que tout fonctionne ;-)

          BCN3D_39

          Avant toute utilisation, il faudra tout d’abord veiller à calibrer l’imprimante.

          Il y a tout d’abord la hauteur du plateau à régler, à l’aide de l’outil fourni:

          BCN3D_201Ensuite, via l’écran LCD et sa molette, il est possible de piloter manuellement la position de la tête d’impression. Quand la tête est proche de la plaque en verre, sur le plateau, on doit pouvoir faire glisser légèrement une feuille de papier entre la pointe de la buse et le plateau. On ajuste la position basse de la tête d’impression à l’aide de la petite vis qui vient appuyer sur la fin de butée:

          BCN3D_202Ensuite, une fois la position basse définie, on déplace la tête d’impression sur les axes X et Y en vérifiant que la feuille passe toujours entre la tête et le plateau. S’il y a trop d’espace, ou si ca bloque, on ajuste le plateau à l’aide des vis de celui ci:

          BCN3D_204C’est une étape qui peu paraitre compliquée, mais avec le temps on s’y fait assez rapidement. Et oui, malheureusement il faudra recalibrer assez régulièrement, la moindre manipulation sur le plateau pouvant le dérégler un peu. Et ce calibrage est primordial pour une impression 3D de qualité.

          Une fois le calibrage effectué, on va pouvoir lancer notre première impression :D

          Avant tout, il faudra pulvériser un peu de laque sur le verre, ce qui aidera le PLA à adhérer au verre. Si la matière n’adhère pas elle risque de bouger pendant l’impression, ce qui donnera une pièce loupée. Une bombe de laque est livrée avec le kit dans ce but.

          Des modèles tous prêts sont disponibles sur la carte SD fournie, il suffit de sélectionner le modèle à l’aide de la molette, en sélectionnant “Print from SD”.

          Le plateau va chauffer à la température nécessaire au modèle (dans les 55°C), la tête d’impression va se positionner à sa position de départ, “Home”, c’est à dire aux coordonnées 0 0 0, puis l’extruder va chauffer également à la température demandée, aux alentours de 220°C (autant dire qu’il faut éviter de mettre les doigts dessus). Une fois les trois étapes passées, l’impression commence.

          Notre première pièce, toute simple, mais qui permet de vérifier le bon calibrage de l’imprimante: Si le cube n’est pas “cubique”, il y a un problème ;-)

          BCN3D_205Attention, petite astuce à connaitre: tout content d’avoir imprimé ma première pièce, j’ai voulu la récupérer dès que l’impression a été terminée. Grosse erreur ! En effet, la pièce est fermement accrochée à la surface vitrée du plateau. Il faut en fait laisser l’ensemble refroidir: le plastique se rétracte alors un peu, et la pièce se décolle alors d’elle même. Il faut donc savoir être patient ;-)

          II. Après l’installation, l’utilisation

          L’imprimante BCN3D+ dispose d’un port Usb, qui permet de la connecter à un ordinateur pour pouvoir lancer une impression en direct. En fait ce mode est rarement utilisé, pour une raison simple: l’impression d’une pièce 3D prend du temps, parfois plusieurs heures. Temps durant lequel une perte de connexion avec l’ordinateur, ou un plantage de celui ci, serait fatal pour une impression réussie. En général, donc, on stocke plutot le modèle à imprimer directement sur la carte SD, que lira l’imprimante. Etant dans ce cas totalement autonome, le risque d’impression ratée est limité.

          Pour imprimer, on utilise un fichier Gcode. Il s’agit en fait d’un bête fichier texte indiquant les coordonnées X Y Z que l’imprimante doit utiliser pour déposer le PLA fondu, avec en plus quelques indications, comme la température à respecter.

          Ce fichier Gcode est généré à l’aide d’un logiciel sachant interprêter un fichier 3D, de type STL. Nous avons par exemple le logiciel Slic3R, gratuit, facile à utiliser.

          Le fichier STL peut avoir été généré par un logiciel de conception 3D si vous maitrisez un peu ce domaine. Mais avec l’arrivée des imprimantes 3D, de nombreux catalogues de pièces 3D toutes prêtes ont vu le jour, l’un des plus connus étant Thingiverse. On trouve sur ce site une multitude de fichiers 3D pour tous les usages.

          thingiverseQuand on a trouvé la pièce qu’on désire réaliser, il suffit de télécharger le fichier STL correspondant.

          On le fait ensuite glisser dans le fenêtre du logiciel Slic3R, où il apparait. Exemple ici avec un support pour tablette tactile:

          sliceEn double cliquant dessus, on peut même en avoir un aperçu en 3D, et le faire pivoter pour l’admirer sous tous les angles:

          slice3Il faut ensuite renseigner les paramètres de l’imprimante, qui peuvent être nombreux: taille du plateau, vitesse d’impression, température de l’extrudeur, température du plateau, épaisseur de la couche, etc… Fort heureusement, des fichiers de configuration tout prêts sont disponibles sur la carte SD fournie avec l’imprimante. Il y a différents fichiers en fonction de la matière utilisée pour l’impression (PLA, ABS), et de la qualité d’impression.

          configurationIl suffit de charger le fichier désiré dans Slic3R, qui reprendra automatiquement tous les paramètres nécessaires.

          slice2Il n’y a plus ensuite qu’à cliquer sur le bouton “Générer le Gcode”. Le fichier généré peut ensuite être mis sur la carte SD. Il n’y a plus qu’à mettre la carte SD dans l’imprimante, sélectionner le nouveau modèle à imprimer, et laisser faire.

          Voilà par exemple la première pièce que j’ai réalisée de cette manière, un support pour Nexus 5, capable d’accueillir un chargeur à induction:

          BCN3D_50Tout de suite, ça en jette un peu plus que le cube imprimé au tout début. Bon, il faut être patient, ce support a par exemple pris 4h30. Mais le résultat est très bon !

          Petit aperçu en mouvement:

          Je l’ai refait ensuite en blanc quand j’ai eu de nouvelles couleurs:

          BCN3D_2012

          BCN3D_2013Seconde pièce, un distributeur de piles, bien pratique:

          BCN3D_51Toutes sortes de plans sont disponibles, et le fil PLA (ou même ABS) étant disponible dans de nombreuses couleurs, il est possible de varier les plaisirs. Quelques photos de mes réalisations:

          BCN3D_206Comme Noel approche, impression d’un bonhomme de neige à accrocher dans le sapin :D

          BCN3D_207Une pièce pour tester l’imprimante avec des formes un peu compliquées, comme ce coquetier “organique”. Malgré cette structure pleine de trous, la pièce est très résistante.

          BCN3D_208Un modèle de toupie réclamé par mes enfants:

          BCN3D_209Ou encore une maison pour oiseaux en forme de goutte d’eau. Comme on le voit ici, la pièce est relativement grande: la BCN3D+ permet, grâce à son grand plateau, l’impression de pièces déjà importantes comparé à d’autres imprimantes du marché.

          BCN3D_2010Le résultat est très propre, et les arrondis parfaitement exécutés.

          BCN3D_2011Autre petite trouvaille bien pratique: une tête d’animal bizarre concue pour les tubes de dentifrice:

          BCN3D_2014Mine de rien, c’est très pratique, et les enfants adorent ;-)

          BCN3D_2015Halloween avait donné lieu à quelques créations également, comme cette citrouille pouvant accueillir un photophore:

          BCN3D_103Ou encore ce crane sculpté de motifs celtiques:

          BCN3D_301

          BCN3D_302Côté consommable, il est difficile de dire combien de mètres de matière on consomme. En fait la consommation se fait en poids: comme cette technique n’utilise que la matière dont elle a besoin, le poids de la pièce représente la quantité de matière consommée. Par exemple ce crane, totalement vide (concu pour y mettre une led afin de l’éclairer), pèse 19g seulement ! On a donc consommé 19g de PLA sur notre bobine d’1kg. Autant dire que la consommation est très correcte !

          BCN3D_303Pour les autres pièces, qui doivent être plus résistantes, elles sont généralement remplies. Mais pas totalement: un quadrillage, ou parfois nid d’abeilles, permet de rendre la pièce très solide tout en économisant la matière. Voici une coupe d’une pièce “solide”:

          BCN3D_304Le taux de remplissage dépendra du niveau de solidité qu’on veut donner à la pièce. Mais avec un tel quadrillage, je peux vous dire qu’elle est déjà très solide.

          Mon support pour Nexus 5 est fait de cette facon. A titre d’info il pèse 65g. Une bobine de PLA d’1kg coute par exemple un peu moins de 23€. Mon support pour téléphone m’est donc revenu à environ 1,50€ de matière (hors électricité bien sûr). Bref, c’est donc au final très économique, contrairement à ce qu’on peut entendre parfois.

          Voilà donc quelques apercus de mes réalisations. Pour le moment il ne s’agit que de modèles téléchargés. La prochaine étape sera de réaliser mes propres pièces, en les dessinant moi même dans un logiciel 3D. Il peut y avoir quelques usages intéressants en domotique, pour faire un boitier pour le Roowifi ou encore un boitier personnalisé pour sa box domotique  à base de Raspberry Pi ;-) Ce sera sans doute le sujet d’un prochain article…

          III. Conclusion

          Vous l’aurez compris, je m’éclate avec cette imprimante 3D ! Je dois dire que c’est assez “magique” de pouvoir créer une pièce ainsi, et personnellement je suis en admiration devant cette technique :D

          Le montage était un peu impressionnant au départ, mais en suivant le guide, très bien illustré, j’y suis arrivé sans encombres.

          Le guide explique également très bien comment la paramétrer et l’utiliser. Là, même si je n’ai pas l’habitude de lire les manuels, il faut bien l’avouer, ici c’est une étape obligatoire, surtout si on est novice dans ce domaine.

          Ensuite, l’utilisation de plans tout faits, disponibles en grandes quantités aujourd’hui sur internet, permet de sortir toutes sortes de pièces sans compétence particulière. Comme on l’a vu l’utilisation d’un logiciel comme Slic3R est ultra simple et nécessite peu d’étapes pour sortir un fichier lisible par l’imprimante. Il existe bien sûr des logiciels plus complets et plus compliqués à utiliser, mais nous les verrons plus tard. Ici le but était vraiment de montrer qu’en tant que novice il est tout à fait possible de sortir des choses sympa, facilement et rapidement.

          Enfin, le mot “facilement” est à nuancer, il ne faut pas croire que tout se fait tout seul. J’ai en effet rencontré quelques petites mésaventures, car une imprimante 3D est tout de même plus technique qu’une bête imprimante 2D, où on se contente de mettre une cartouche d’encre et quelques feuilles de papier.

          Tout d’abord, il faut bien veiller à la calibrer, d’autant que c’est une opération à refaire régulièrement. Pour de nombreuses raisons le plateau peu en effet avoir légèrement bougé et n’être plus tout à fait de niveau, à la bonne hauteur, etc…

          Ensuite, il faut savoir sélectionner les pièces à imprimer. Certains plans sont parfois faits sans penser aux contraintes de l’impression 3D: une pièce ne peut pas tenir dans le vide, parfois le sens d’impression n’est pas correct, etc… Il faut donc bien sélectionner la pièce en question, ou alors apprendre à maitriser un logiciel 3D un peu plus complet pour pouvoir corriger soit même la pièce avant impression.

          Enfin, il ne faudra pas regarder à mettre la main sous le capot: il faudra parfois peut être reprendre le tournevis pour re régler une pièce ou démonter par exemple l’extrudeur, l’une des parties qui travaillent le plus. J’ai par exemple eu le cas du fil cassé dans l’extrudeur (le fil est assez sensible à l’humidité), j’ai donc démonté celui ci, retiré le fil, et remonté. Sauf que je ne l’avais pas serré correctement, et j’ai donc eu une fuite de PLA fondu au dessus de l’extrudeur:

          BCN3D_101Bon, rien de bien méchant, tout est rentré dans l’ordre rapidement après un second démontage. Et c’est quelque chose de relativement rare, puisqu’en général il suffit de faire chauffer l’extrudeur pour faire fondre le plastique et dégager les éventuels dépots. Mais voilà, tout ceci pour dire qu’il ne faut pas s’attendre au côté plug and play d’une bête imprimante classique. L’impression 3D est un peu plus complexe, mais devient tout de même de plus en plus à la portée du grand public. Pour ma part je n’en avais jamais utilisé avant, et je m’en suis plutot bien sorti. Et le fait de monter soit même l’imprimante est un vrai plus, car on comprend du coup sa mécanique et il est assez facile d’intervenir dessus si besoin.

          Comme je le disais en introduction, il existe aujourd’hui de nombreuses imprimantes 3D. Alors que dire de celle ci en particulier ? Il est vrai que la comparaison est difficile, du fait que c’est la seule que j’ai testée à ce jour. Néanmoins, je me suis pas mal renseigné, et j’ai eu l’occasion de me rendre à différents salons où tronaient des imprimantes 3D, notamment au Louvres où un salon consacré entièrement à l’impression 3D était organisé. LA BCN3D+ testée ici est vendue 888€ en kit. Alors oui cela peut paraitre cher, car on peut voir parfois des imprimantes aux alentours de 500€, toutes montées, et avec un look plutot joli, comparé au look un peu “industriel” de la BCN3D+. Mais hormis le prix, de nombreux éléments sont à vérifier. Ainsi:

          • l’argument le plus marquant est sans aucun doute la taille du plateau de la BCN3D+, qui permet d’imprimer des pièces allant jusqu’à 25x20x20cm, ce qui est énorme, beaucoup d’imprimantes se limitant à du 15cm, voir 10 parfois. La BCN3D+ permet donc de réaliser des choses déjà très intéressantes (la maison pour oiseaux vue plus haut mesure par exemple 23cm de long)
          • la résolution de 100 microns qui permet de réaliser des pièces détaillées et fines
          • seules les machines les plus perfectionnés disposent d’un plateau chauffant, permettant d’utiliser différentes matières
          • c’est d’ailleurs un autre argument en faveur de la BCN3D+: la possibilité d’utiliser différentes matières, comme le PLA, bien sûr, mais également l’ABS, le Nylon, le FILAFLEX (matière flexible et un peu caoutchouteuse, permettant de réaliser d’autres pièces très surprenantes), etc… En fait la plupart des matériaux en 3mm sont utilisables ! Et il existe des matières très sympa, ayant un rendu proche du bois, comme le LayWoo, par exemple, ou encore changeant de couleur à la lumière, etc…
          • la BCN3D+ est évolutive: il est par exemple possible d’y monter un double extrudeur (pour imprimer avec deux couleurs ou deux matières différentes)

          doubleextruder

          ou encore un “paste extruder“, sorte de seringue qui permettra d’utiliser de l’argile, du chocolat, etc… Sans compter que le firmware peut être facilement mis à jour (une mise à jour est d’ailleurs sortie il y a peu de temps pour améliorer le tracage des cercles)

          • il s’agit d’une imprimante réellement OPENSOURCE: toutes les infos ou plans des pièces sont fournis, ce qui permet non seulement de la réparer soit même, mais également de la faire évoluer. Certains upgrades sont d’ailleurs disponibles sur Thingiverse, certains permettant encore d’aggrandir la surface de travail.
          • tous les éléments constitutifs sont simples, courants et facilement remplacables que ce soit évidemment les pièces imprimées mais aussi la structure ( rails classiques) , l’électronique ( ARDUINO+RAMPS ), l’extrudeur classique,… ainsi que les organes de transmission. Pas de craintes à avoir si le fabricant venait à fermer, ou le modèle à disparaitre, elle restera toujours utilisable et réparable facilement
          • enfin, son aspect industriel est assumé car efficace: les imprimantes en “box” sont difficiles à démonter, et il faut le plus souvent faire appel au SAV du fabricant. Ici tout est accessible et donc facilement rattrapable soi même.

          Bref, la BCN3D+ a de solides arguments pour elle. Personnellement, pour une première expérience, je ne suis pas décu: relativement facile à monter et à utiliser, sans pour autant être limité dans les réalisations possibles. A noter que pour ceux qui seraient effrayés par le montage, la société Kit Reprap la propose également toute assemblée au prix de 1188€, ou encore assortie d’un stage pour apprendre à l’assembler et la prendre en main. Encore merci à Kit Reprap pour m’avoir permis de réaliser ce test, et pour leur service qui est vraiment top !

           


          10 Commentaires
          1. Merci pour ce test, j’ai craqué pour cette même imprimante 3d et j’aurais bien aimé qu’il existe un test comme ça avant de l’acheter.
            Je confirme ce qui est dit dedans, le montage est long mais c’est comme des lego et l’imprimante est de très bonne qualité. J’ai eu quelques problèmes a la fin du montage et kitreprap m’a aidé très rapidement et depuis elle marche. Le calibrage est a refaire souvent mais c’est le cas sur d’autres imprimantes même les modèles plug and play comme la makerbot. Et le rendu des impressions est vraiment propre, rien a envier a des modèles plus chers.
            Bref je recommande !

          2. Ca donne trop envie … mais c’est encore difficile de craquer à un tel prix ! Bientôt … :)

          3. Tout à fait d’accord avec ce test.
            J’ai acheté cette imprimante il y a déjà presque 6 mois, et après quelques problèmes de montage (rapidement résolus grâce à Kitreprap), c’est une véritable horloge.
            La machine est simple d’utilisation, fiable, et la qualité d’impression est au rendez-vous.
            Bref, un rapport qualité/prix imbattable. Et pour ceux que le montage rebute, il est aussi possible de la commander déjà assemblée.

          4. Bonjour,

            merci pour ce test, j’ai également cette imprimante et j’ai également la chance d’habiter juste a coté de la personne qui vend cette imprimante (chose que j’ignorai a l’achat !!).

            ce sont des personnes compétentes et accueillantes a n’importe quel heur !

            j’ai été surpris par la précision de l’impression. de plus on peut meme imprimer a des pas de 0.05 en le paramétrant dans Slic3r.

            pour ma part j’utilise Reapeter Host pour la génération du gcode.

            sur mon imprimantes, j’ai (facilement) changer les ventilateurs pour des plus performant et moins bruyant notamment le Sunon MC25101V2-A99 (V2 et non V1 comme sur l’imprimante qui fait 16dB au lieu de 40dB)

            c’est a présent un plaisir d’être a coté de l’imprimante !

          5. C’est vrai que ça donne envie. De mon côté je me suis essayé avec un kit reprap également. Une prisa i3 commande en kit a une société espagnol. Mais la documentation et le support n ont pas été au rendez vous. Donc un an plus tard je galère encore pour faire fonctionner cette prusa. En résumé même si ce lit est un peu plus cher il semble fonctionnel au moins. Bravo pour cet article et merci.

          6. Bonjour,
            j’ai également craqué pour cette imprimante suite à la lecture de ce test et d’un blog que je trouve également très bien fait sur le sujet (http://vb-impression-troyes-d.blogspot.fr/).
            Je vais commencer le montage et ai déjà regardé les docs: il est vrai qu’elles sont très bien faites, et le support de KITREPRAP semble très bon également (il manque une pièce dans mon kit, réponse rapide de kitreprap après contact).

          7. Salut Cédric, pourrais tu donner les liens des objets imprimés présentés dans ton article ? Merci

          8. Bon pas de réponse de Cédric…
            Au passage j’en profite pour rappeler qu’il existe aussi un très bon produit Français la Discovery 200 http://www.dagoma.fr/ qui offre pour un prix imbattable une qualité remarquable.

          9. Bonjour

            Merci Cédric pour cet article qui m’a bien aide a franchir le pas.
            La commande au Père Noël est partie ;)

          10. Bonjour
            Tu as remplace les 3 ventilo par celui ci ? ou juste l’extrudeur et le blower ?
            J’ai l’impression que c’est l’alim qui est bruyante ainsi que le ventilo sur la carte arduino / ramps

            Merci d’avance.
            Christophe

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